Amazon.com Widgets The James Bond 007 Dossier | Cinema Teaser - Dossier Special - 50 Ans de James Bond

The James Bond 007 Dossier

Bond, James Bond.

30. January 2013 11:06
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Cinema Teaser - Dossier Special - 50 Ans de James Bond

30. January 2013 11:06 by m | 0 Comments

The September 2012 Issue of the French Magazine Cinema Teaser contains articles on SkyfallSkyfall, Ian Fleming, John Barry, Bond villains, 50 years of James Bond 007 and more!

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SkyfallSkyfall

Les héros sont éternels

QUATRE ANS. IL AURA FALLU QUATRE ANS POUR QUE DANIEL CRAIG REVETE DE NOUVEAU LE COSTUME DE 007. JAMAIS UN INTERPRÈTE DE BOND N’AVAIT DÛ ATTENDRE AUTANT ENTRE DEUX VOLETS. ALORS L’AGENT BRITANNIQUE SE DOIT DE REVENIR DANS UN BIG BANG. SON ARME SECRÈTE ? LE RÉALISATEUR SAM MENDES, PLUS CONNU POUR SES DRAMES AUTEURISTES.

Sur QUANTUM, on était baisé. (...) Cela ne devait pas être une suite [de CASINO ROYALE] à ce point-là, mais cela a fini par l'être." Quelques mois avant de tourner SKYFALL, Daniel Craig, dans un élan d'honnêteté, lance publiquement ce dont tout le monde s'était rendu compte : QUANTUM OF SOLACE était un sacré bordel. Artistiquement, il ne tenait pas la route en raison d'un scénario faiblard ayant subi de plein fouet la grève des scénaristes d'une part, et du peu de prise du réalisateur Marc Forster de l'autre, incapable de capitaliser sur la réussite incontestable qu'était le reboot CASINO ROYALE. Commercialement, en dépit de 586 millions de dollars de recettes, il fut aussi le premier opus de la saga depuis DEMAIN NE MEURT JAMAIS (1997) à rapporter moins que son prédécesseur. Une déconvenue suivie de pire : les soucis financiers de MGM, qui ont gangréné et repoussé maintes fois la mise en chantier d'un vingt-troisième épisode de la saga Bond. "Bizarrement, ce n'était pas frustrant pour moi, car je ne pouvais rien y faire", se souvient Craig lors de la conférence de presse de lancement de SKYFALL. Reste que lorsque BOND 23 sortit enfin de la mouise, l'acteur volcanique, sans doute éreinté par trois ans de passivité, prit les choses en main. Allant jusqu'à choisir le réalisateur qui se chargerait de faire revenir 007 sur le devant de la scène.

SAM MENDES AU RE-BOND

Depuis LES SENTIERS DE LA PERDITION, pour lequel Sam Mendes l'avait choisi bien avant sa célébrité bondienne, Craig entretient une relation des plus amicales avec le cinéaste. "Sam est anglais, il a étudié à Cambridge, il est brillant. Il a vécu avec Bond toute sa vie et grandi avec lui, comme moi", explique le comédien dans Time Out. "Alors je lui ai tout simplement dit que nous devions faire un BOND ensemble, car nous avons les mêmes références, nous aimons les mêmes films de la saga, et dans ceux-ci, les mêmes scènes." L'acteur va donc tout faire pour convaincre son ami, qui se dira honoré que la proposition vienne de 007 lui-même. Et peu importe que Mendes passe ainsi de son film le plus intimiste et le moins cher (AWAY WE GO), à un blockbuster ultra attendu à 200 millions de budget. "J'ai été fan de James Bond toute ma vie, renchérit le réalisateur, et comme pour tout Anglais, il fait partie de ma famille. J'ai des souvenirs très vivaces de la fois où, enfant, j'ai vu VIVRE ET LAISSER MOURIR pour la première fois." Mais si Mendes accepte l'offre, la raison en est moins son amour pour la saga que pour le coup de boost qu'elle a connu grâce à Craig : "Avec Casino RoyaleCasino Royale, il a ouvert la porte à de merveilleuses possibilités pour ce personnage." Si les cinéphiles se réjouissent du choix de Mendes, sans doute le plus iconoclaste depuis le début de la franchise, le douloureux souvenir d'avoir vu un "auteur" peu habitué au gigantisme prendre les rênes sur Quantum of SolaceQuantum of Solace reste prégnant. Mendes saura-t-il réussir là où Marc Forster a échoué, notamment dans la mise en scène des séquences d'action ? "Cette question a-t-elle été posée à Martin Campbell ou John Glen ?", s'insurge Mendes à la conférence de presse, irrité par des rumeurs courant dans les tabloïds britanniques selon lesquelles le cinéaste aurait décidé de mettre les moments de bravoure de côté, et de privilégier le drame pour séduire les Academy Awards. "Les Oscars ne sont jamais la motivation. Et encore moins sur BOND. Pour moi, BOND est destiné au public, comme cela devrait être le cas de n'importe quel bon film", statue le cinéaste. Pour rassurer les fans, il ira même jusqu'à clarifier ses intentions au site First Showing : "J'ai déjà dirigé des scènes d'action (notamment dans JARHEAD, ndlr), donc je sais qu’elles nécessitent un travail méticuleux. Et en général, elles sont bien plus fun à monter qu'à filmer. Pour moi, le défi est de créer diverses lignes parallèles d'action, afin de ne jamais être bloqué dans quelque chose de trop linéaire. Chris Nolan fait ça très bien." Légitimant la chose : la présence au générique de Chris Corbould, superviseur des effets spéciaux sur INCEPTION ou THE DARK KNIGHT RISES, mais aussi sur la saga Bond depuis... DANGEREUSEMENT VÔTRE (1985). "Sur SkyfallSkyfall, j'ai passé trois semaines à filmer une séquence qui durera quatre minutes au final", ironise Mendes. "C'est dingue : j'ai par le passé fait des films qui coûtaient moins cher qu'une poursuite dans SkyfallSkyfall ! Mais repousser mes limites, c'est justement ce qui fait tout le sel de cette aventure." Une chose est sûre : loin de se reposer sur ses acquis, le réalisateur s'est impliqué sur chaque aspect de SkyfallSkyfall, refusant d'être un simple rouage de la machine. "Je n'aurais pas fait le film sinon, assure Mendes dans Empire. Les producteurs Barbara Broccoli et Michael G. Wilson savaient qu'ils n'obtiendraient rien de bon s'ils ne me laissaient pas le contrôle.

BOND SAVE THE QUEEN

OU COMMENT 007 A OUVERT LES J.O. AUX CÔTÉS D'ÉLISABETH II.

En avril dernier, la rumeur courait que Daniel Craig apparaîtrait à la cérémonie d'ouverture des J.O. de Londres, à la demande du metteur en scène de l'événement, Danny Boyle. Les bruits disaient même que la Reine elle-même serait de la fête.

Mais personne n'osait y croire. C'était sans compter la pugnacité de Boyle et de Nicolas Brown

-    directeur de la production de fiction à la BBC -, qui ont finalement surpris le monde entier quand, le vendredi 27 juillet, Craig, interprétant 007, entre à Buckingham Palace, en traverse les couloirs, pénètre dans les bureaux d'Elisabeth II, et l'escorte en hélicoptère jusqu'au-dessus du stade olympique. Avant de sauter en parachute avec elle, afin qu'elle rejoigne les tribunes. La dernière étape n'ayant évidemment pas été assurée par le comédien de SkyfallSkyfall et la souveraine. L'événement est de taille : les producteurs ont dû convaincre la Reine d'accorder quelques heures de son temps, résoudre d'évidents soucis de sécurité pour le tournage des plans nécessitant sa présence, et obtenir l'autorisation jamais accordée auparavant de faire voler deux hélicos entre les piliers de Tower Bridge. Mais surtout, ce court-métrage tourné fin mars entre dans l'Histoire comme la première fois qu'Élisabeth II accepte de jouer son propre rôle dans une séquence scriptée. Et ce, en 60 ans de règne. Accessoirement, en 50 ans d'existence, 007 n'avait jamais été vu au côté de sa patronne.

'était un risque pour eux de me donner autant de pouvoir." Ce qui fait bien rire Craig, qui qualifie Mendes de "psychorigide à la limite du TOC"... "C'est une blague, hein, tempère l'acteur, mais Sam est un grand manager, et c'est une qualité essentielle pour diriger un JAMES BOND." On décèlerait presque une attaque cachée à rencontre de Marc Forster...
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"Pour faire un BOND, il y a certaines règles à respecter : un élément féminin qui interagit avec lui ; le fait que 007 ne vit pas dans le monde réel, il ne se fond pas dans la masse comme Bourne (...) ; il ne travaille pas en tandem et n'a de relation qu'avec sa hiérarchie. (...) Une fois qu'on les a comprises, travailler selon ces règles apporte une grande liberté." Comme quoi, ce n'est pas si difficile de diriger une aventure de James Bond. Du moins, c'est ce que laisse entendre ici Mendes, qui résume son travail à un simple credo : "Vous devez donner plus qu'une mission à Bond. Vous devez lui offrir un arc narratif." Les amateurs de l'agent secret apprécieront l'érudition du cinéaste, dont les opus préférés de la saga sont VIVRE ET LAISSER MOURIR et BONS BAISERS DE RUSSIE. Soit deux volets assez antagonistes, l'un de la période Roger Moore, plus portée sur le fun jetable, et l'autre de l'ère Sean Connery, plus frontale et rugueuse, mais sexy et lascive à l'image de leur contexte, les 60 s. C'est justement ce qui se dégage de SkyfallSkyfall : un cocktail savant entre tradition et modernité. Sérieux et entertainment. Comme si le style urgent de Casino RoyaleCasino Royale fusionnait avec les fondations laid back de la franchise. D'où le retour à l'écran de Q le roi des gadgets -absent des deux précédents films -, campé cette fois par le jeune Ben Whishaw en mode nerd digne de THE SOCIAL NETWORK, de la légendaire Aston Martin DB5 ou encore de voyages glamour tout autour du globe (Shanghai, Istanbul, Londres). "SkyfallSkyfall sera plus joueur que Casino RoyaleCasino Royale et Quantum of SolaceQuantum of Solace", confirme Mendes. Quand Daniel Craig, lui, assure que ce vingt-troisième volet suinte d'une ambiance "aussi classique que possible". Ainsi découle de cette filiation avec les origines matricielles de la saga, la volonté de faire du film un "standalone" ne donnant pas suite à la mythologie initiée dans Casino RoyaleCasino Royale. "J'ai parlé de 'régénération' pour SkyfallSkyfall, plus que d’évolution”, explique Mendes. "Car pour moi, Bond est un peu comme Dr Who : lorsqu'il change d'interprète, il se régénère et se transforme. J’adore cette idée." Ce qui ne signifie pas pour autant que le script sera obtus : "Moi, je ne vois aucun des Bond comme des 'standalone', lance, frondeur, le scénariste John Logan. Tous font partie d'un héritage et en écrivant, j'avais en tête Quantum of SolaceQuantum of Solace, autant que Casino RoyaleCasino Royale et OPÉRATION TONNERRE, ou des écrits de lan Fleming. Nous ne sommes qu'un char parmi d'autres dans une parade." Mais surtout, si SkyfallSkyfall semble perpétuer un esprit délaissé depuis Sean Connery, on le doit au vilain, Silva, incarné par Javier Bardem. Grandiloquent comme GoldfingerGoldfinger, froid et calculateur comme Dr. NoDr. No, diabolique comme Blofeld. Et porté sur l’attentat capillaire comme l'Anton Chigurh de NO COUNTRY FOR OLD MEN, que campait déjà Bardem. "Mads Mikkelsen était génial (dans le rôle du Chiffre, ndlr), explique Sam Mendes, mais je voulais quelque chose de plus flamboyant, de plus effrayant. Ce que j'appelle un vilain classique." Le tout pour créer une tension dramatique plus forte, plus émouvante : alors que M est rattrapée par son passé et que Bond resurgit après avoir été laissé pour mort, le MI6 est mis au défi et attaqué par Silva. Un méchant aux motifs troubles (on se demande même s'il ne serait pas un ancien agent 00 bafoué), lancé à toute berzingue dans une vengeance démoniaque. "Sam et Daniel ramènent Bond à une vibe très 60 s. Je crois que c'est ce que voulaient les fans", déclare le producteur Michael G. Wilson, allant jusqu'à comparer SkyfallSkyfall à GoldfingerGoldfinger, l'opus le plus respecté et mythique qui, 48 ans après sa sortie, reste le plus gros succès de 007 en France. Alors, SkyfallSkyfall sera-t-il un volet plus porté sur l'esprit et le ton des bouquins de lan Fleming ? "Il faut toujours se référer à Fleming, confirme Mendes. Il a créé un personnage très complexe, allant bien au-delà du cliché qu'on a de lui et qui, dans ses dernières aventures livresques, souffrait de lassitude, de dépression, de doutes quant à son choix de carrière qui, disons-le, se résume à tuer. Voilà le personnage que nous souhaitions explorer dans SkyfallSkyfall." À savoir un "Bond avec un B majuscule" selon Daniel Craig. Une note d'intention qui a tout du programme parfait,

L'info en plus

Pour SkyfallSkyfall, Sam Mendes a convoqué deux de ses collaborateurs de longue date : Thomas Newman à la musique - qui remplace David Arnold, en place depuis DEMAIN NE MEURT JAMAIS - et Roger Deakins à la direction de la photographie, connu également pour son travail avec les Coen. À eux deux, Newman et Deakins totalisent 19 citations aux Oscars.

Bond Forever

VINGT-TROIS AVENTURES ET SIX INTERPRÈTES OFFICIELS, DES LITRES DE VODKA MARTINI ET UNE BONNE DOSE DE CONQUÊTES. CINEMATEASER VOUS PROPOSE DE REVENIR SUR L’HISTOIRE EMBALLANTE DE L’UNE DES SAGAS LES PLUS POPULAIRES DU CINÉMA, DE SA CRÉATION SUR PAPIER À SES APPORTS MAJEURS À LA POP CULTURE, EN PASSANT PAR SES RÉSONANCES SOCIALES.

Par Julien Munoz

LES RECETTES D'UNE SUCCES

AYANT SURVÉCU À TOUS LES EFFETS DE MODE, JAMES BOND CÉLÈBRE 50 ANS DE RÈGNE AU CINÉMA. EN CES TEMPS DE PHÉNOMÈNES JETABLES, IL Y A DE QUOI S’INTERROGER SUR LES RAISONS QUI EN FONT UNE EXCEPTION.

e son vivant, lan Fleming n'aurait osé imaginer une telle longévité. Lui qui n'a pas vécu assez longtemps pour assister à l'explosion de la bondmania à la sortie de GoldfingerGoldfinger. Quand bien même JAMES BOND CONTRE Dr. NoDr. No et BONS BAISERS DE RUSSIE sont des opérations commerciales viables, leur réputation n'est sensible qu'au Royaume-Uni et en Europe de l'Ouest encore souffreteux de la seconde guerre mondiale. Dans un contexte de restriction et de déprime nationale, il est naturel que l'homme prolétaire soit séduit par une offre de dépaysement vers des "contrées dans lesquelles vous n'êtes jamais allé de toute votre vie" affirme Roger Moore. Une analyse corroborée par Sean Connery : "Le succès du livre est arrivé à une époque où, au sortir de la guerre, tout le monde avait envie d’entendre parler d'île tropicale, de champagne et d'aventure. Dr. NoDr. No est venu après un grand

nombre de films à message qui étaient en noir & blanc et il faut dire, pas gais à regarder". Une légèreté que James Bond assume autant que ses appétits pour les mets raffinés, les belles femmes et les signes de richesse extérieure. "Dr. NoDr. No n'aurait peut-être pas eu le même succès s'il était sorti un an plus tôt ou plus tard" complète l'acteur. Apparu au bon endroit au bon moment, le héros impose sa différence synonyme d'élégance, de gadgets à la pointe de la technologie et de cascades "jamais vues auparavant" selon Martin Campbell (futur réal de GoldeneyeGoldeneye). Et un cahier des charges rôdé par le clan Broccoli contrôlant depuis un demi-siècle le moindre aspect d'une marque déposée.

Qui dit marque dit signature distinguable : une silhouette (l'incontournable séquence du canon), une réplique culte (est-il vraiment besoin de la citer ?) et un thème musical d'une redoutable efficacité complètent l'arsenal de l'icône mondiale de la pop culture. Mais avec l'agitation politique des années 70 (la guerre du Viêtnam, les tensions raciales...), le phénomène semble prédestiné à s'effondrer. Les préoccupations sociales et l'ascension du Nouvel Hollywood et de ses antihéros tranchent radicalement avec le manichéisme du noble et invulnérable agent secret. Pour renouveler la franchise et assurer sa pérennité au box-office, les producteurs puisent dans les tendances du moment pour faire illusion : l'essor des arts martiaux (ON NE VIT QUE DEUX FOIS), le raz de marée STAR WARS (MoonrakerMoonraker) ou la blaxploitation (VIVRE ET LAISSER MOURIR). Même si pour ce dernier, le réalisateur Guy Hamilton s'en défend : "Le livre se situe aux Caraïbes, on y trouve le vaudou et l'héroïne noire avec qui Bond a une liaison". La formule finit par s'épuiser au fil de l'âge avancé du clown Roger Moore. Lui succède l'interprétation plus humaine de Timothy Dalton, que ne goûte pas l'insouciance générale des années 80, boudant la vision sombre et violente de PERMIS DE TUER. "Un critique s’était plaint que le film ne convienne pas aux enfants de six ans. Pas plus que les épisodes des années 60 à mon avis", argumente Dalton. Et peu importe si le personnage renoue avec celui des romans. Ou qu'il préfigure l'actuelle direction prise depuis Casino RoyaleCasino Royale, se détournant de l'ère intermédiaire des Pierce Brosnan - celle de tous les consensus. Cet éternel retour aux sources prouve que les racines de James Bond sont à la fois profondes, immuables et en perpétuelle mutation. Voilà peut-être son secret : une formule simple jumelant tradition et flexibilité, détachée de l'influence du temps tout en ne perdant pas de vue le présent.

Ian Fleming, L'Homme derrière le mythe

AVANT D’ÊTRE AU CENTRE DE LA LICENCE LA PLUS LONGUE ET LUCRATIVE DU CINÉMA, JAMES BOND FUT LA CRÉATION D’UN HOMME DE LETTRE PARTAGEANT PLUS D’UN TRAIT COMMUN AVEC LUI. SON NOM : FLEMING, IAN FLEMING.

Démarrage d'une longue success story à venir, la publication du roman "Casino RoyaleCasino Royale" en 1953 est avant tout, pour lan Fleming, l'aboutissement d'un processus créatif germant depuis la Seconde Guerre mondiale. En 1939, ce fils de la haute société anglaise - ayant raté son intégration dans l'armée - devient l'assistant personnel de l'amiral John Godfrey, directeur du service des renseignements de la Royal Navy. Un poste qui le familiarise avec le monde de l'espionnage et lui fournit le moyen de s'épanouir, contrairement à ses précédents emplois de journaliste et d'agent de change. L'élaboration de plusieurs opérations militaires officieuses le conduit à s'entretenir avec le futur chef de l'OSS (Office Strategic of Service qui deviendra la CIA en 1957) dans l'optique de la fondation des services secrets américains. Sans compter son rôle non négligeable dans la réussite de l'unité d'assaut 30 A U (narrée dans le récent AGE OF HEROES). Un commando d'agents de renseignement formés à l'entraînement des forces spéciales, envoyé sur le terrain à la recherche de documents ennemis nécessaires pour la victoire des troupes alliées. Parallèlement à ses brillants états de service, Fleming nourrit un projet plus personnel : pondre le "parfait roman d'espionnage" une fois la guerre terminée.

DANGER IMMÉDIAT

Rendu à la vie civile en 1945 avec le grade de Commander (qui sera celui de Bond), lan Fleming obtient une place de manager extérieur dans le groupe de presse Kemsley lui octroyant trois mois de congés par an. Un temps libre qu'il met à profit pour se rendre dans sa propriété jamaïcaine - baptisée GoldeneyeGoldeneye - devenue son refuge et son espace d'inspiration : "Bien qu'il m'arrivait d'élaborer un travail préparatoire durant ma vie londonienne, ce n'est que pendant mes visites en Jamaïque que tous mes romans ont été écrits", confesse l'auteur. Mais plusieurs scandales politiques (les passages à l'est des diplomates Guy Burgess et Donald Maclean) et personnels (sa liaison adultère avec sa future épouse Ann Rothermere) vont retarder son passage à l'acte. Ce n'est pas un hasard si la trahison deviendra l'une des thématiques de "Casino RoyaleCasino Royale" et si la toile de fond correspondra au nouvel ordre mondial régi par la crainte de l'Holocauste nucléaire et du communisme. Davantage pour obéir au pragmatisme cher à Fleming qu'à sa loyauté partisane : "Si j'avais commencé à écrire les livres avant ou durant la guerre, les ennemis de Bond auraient été les nazis". Pour les détails, l'écrivain n'a qu'à puiser dans son expérience qu'il enrobe de sa fertile imagination.

DE LA RÉALITÉ À LA FICTION

Ne prénomme-t-il pas son héros du nom de l'auteur d'un ouvrage d'ornithologie qu'il consulte régulièrement ? Pour nommer M, le sobriquet de sa mère autoritaire fera amplement l'affaire. De croustillants faits réels dont lan Fleming a été le témoin privilégié sont romancés pour les besoins de l'intrigue : le cambriolage du consulat japonais en 1941 au Rockefeller Center sert de cadre pour le premier assassinat de l'espion. Son affrontement aux cartes avec le Chiffre s'inspire d'une partie de poker que Fleming livra à Casablanca contre des Allemands qu'il suspectait être des officiers nazis... James Bond lui même est un pot-pourri de vrais agents doubles (Dusko Popov) et d'intimes du romancier : son meilleur ami Ivar Bryce (amateur de martinis au shaker pas à la cuillère) qui partage avec lui un passé dans les services secrets, un train de vie aisé et une réputation d'incorrigible séducteur. L'écrivain n'hésite pas non plus à donner de sa personne en prêtant à 007 son attitude très "vieille école", ses goûts en matière de femmes et de gastronomie, et des failles intérieures que les films auront tendance à gommer. Pour ainsi dire, l'alter ego se révèle une catharsis qui dans les douze ouvrages (et autres nouvelles) dédiés à l'agent du MI6, met à nu son auteur sans le découvrir. Catalyse ses espérances et ses angoisses face à l'évolution d'une société marchant au bord du précipice (la sortie de Dr. NoDr. No coïncide avec la crise des missiles cubains). Qu'est ce que James Bond ? Sinon la réponse candide mais sincère d'une autobiographie fantasmée dans laquelle lan Fleming rétablit l'ordre au cœur d'un chaos ambiant.

Fleming, Le Biopic

COMME DÉCRIT DANS L’ARTICLE CI-CONTRE, LE CRÉATEUR DE 007 ÉTAIT UN SACRÉ NUMÉRO. DUNCAN JONES VA SE CHARGER DE NOUS LE RAPPELER, DANS UN FILM BIOGRAPHIQUE FORCÉMENT RUTILANT, FURIEUSEMENT SEXY ET BLINDÉ D’ACTION.

"Fleming a traversé les périodes les plus périlleuses de l'histoire, à une position qui lui permettait d'avoir une perspective unique sur les acteurs du monde. Il a été témoin du pur héroïsme, comme du mal absolu. Puis, quand la guerre (39-45, ndlr) prit fin, il s'en est allé écrire de la fiction." En mai dernier, lorsque les sociétés de production PalmStar et K5 Film révèlent par voie de communiqué l'engagement de Duncan Jones pour diriger un film biographique consacré à lan Fleming, le réalisateur de MOON et SOURCE CODE, qui se lance ici dans un projet pouvant radicalement changer son image de réal SF, trouve les mots idoines pour susciter notre intérêt immédiat. Car oui, lan Fleming ne fut pas seulement le romancier créateur de James Bond. Fils d'une bonne famille de banquiers et progéniture d'un membre du Parlement mort sur le front de 14-18, il fut étudiant d'Eton - l'université la plus select d'Albion - et de la Royal Military Academy Sandhurst. Avant, en 1939, de devenir membre des services de renseignement de la Royal Navy, pour laquelle il participa à diverses opérations d'envergure, dont Mincemeat (qui devait faire croire aux Allemands à un débarquement par la Grèce et la Sardaigne) ou... Golden Eye (qui visait à protéger l'accessibilité des Alliés à Gibraltar). Dès lors, Duncan Jones martèle : "La question essentielle pour moi ? Où s'arrête lan Fleming et où commence James Bond ?" De quoi être surexcités, d'autant que Jones assure que son biopic sera "blindé d'action". Reste juste à savoir qui campera Fleming. Un temps producteur lors des prémices du projet en 2008 - alors intitulé FLEMING - Leonardo DiCaprio fut pressenti, avant qu'il ne se désengage. James McAvoy, alors attaché au rôle par la rumeur fin 2009, assura avoir lu une première version du script, sans toutefois avoir reçu de proposition ferme. On scrute désormais la moindre annonce officielle avec impatience, d'autant que le tournage pourrait débuter dès la fin 2012.

Top 10 - LES GROS VILAINS DE JAMES BOND

ADVERSAIRE REDOUTABLE, BOND AURA DÛ REDOUBLER D’EFFORT POUR ÉLIMINER QUELQUES MAUVAIS BOUGRES RÉCALCITRANTS. PETIT ÉCHANTILLON DE LA CRÈME DE LA RACAILLE MÉGALOMANIAQUE QUI FAIT LE MAL MAIS QUI LE FAIT BIEN.

1. Ernst Stavro Blofeld

ON NE VIT QUE DEUX FOIS (1967)

Personnage de l'ombre identifiable par son amour des chats persans, le n°1 du S.P.E.C.T.R.E n'apparaît à visage découvert que dans le 5e opus sous les traits de Donald Pleasence. Suivront Telly Savalas et Charles Gray. Dommage que la saga lui offre une mort aussi expéditive (chaise roulante, hélico... Tout ça, quoi...) que celle retenue dans RIEN QUE POUR VOS YEUX.

2. Auric GoldfingerGoldfinger GoldfingerGoldfinger (1964)

Un nom rapidement devenu mythique et des réminiscences entrées directement dans la mémoire cinéphilique collective : une femme recouverte d'or, un Bond en mauvaise posture face à un laser tranchant et une réplique culte à la clé pour l'allemand Gert Frübe qui trouvait là un rôle en or n'allant cesser de lui coller à la peau !

3. Requin L'ESPION QUI M'AIMAIT (1977)

Avec ses 2,17m et sa mâchoire d'acier à toute épreuve, le taciturne Richard Kiel en impose. Il n'en fallait pas davantage pour faire entrer l'homme de main dans la légende bondienne. Sa popularité sera telle à l'époque que les producteurs n'hésiteront pas à le faire revenir deux ans plus tard dans le kitsch MoonrakerMoonraker. Une première pour un bad guy !

4. Dr. NoDr. No

JAMES BOND CONTRE Dr. NoDr. No (1962)

Le premier Némésis d'une série qui en compte aujourd'hui une belle tripotée. D'où l'importance de ce Dr. NoDr. No qui - comme Blofeld - tarde à montrer le bout de son nez. Ce n'est que dans la toute dernière bobine que le comédien Joseph Wiseman affronte son ennemi face à face. Une courte apparition, dont l'attente ne rend le personnage que plus inquiétant.

5. Baron Samedi

VIVRE ET LAISSER MOURIR (1973)

Loin d'être la figure de proue des crapules s’afférant contre Roger Moore dans cet épisode à l'ambiance vaudou, Geoffrey Holder s'impose pourtant par sa seule prestance costumée, son rire démoniaque et son habillage surnaturel. Quoique limitée, sa présence a été suffisante pour donner quelques sueurs froides aux jeunes spectateurs que nous fûmes.

6. Le Chiffre

Casino RoyaleCasino Royale (2006)

Preuve qu'un vilain sans envergure sur le papier (avec une mort aussi sèche qu'expéditive) peut marquer les esprits. En l'occurrence grâce au Danois Mads Mikkelsen, révélé au grand public dans la peau de ce banquier crapuleux essayant de récupérer sa mise de départ. Depuis, la cote de l'acteur n'a fait que grimper en flèche et ce n'est que justice.

7. Francisco Scaramanga L'HOMME AU PISTOLET D'OR (1974)

Un acteur légendaire (Christopher Lee) pour un ennemi qui se définit comme une sorte de double maléfique de l'espion britannique. Si Scaramanga continue de fasciner, c'est en bonne partie pour son arme de prédilection qui lui vaut sa notoriété criminelle. N'oublions pas son acolyte Nick Nack (Hervé Villechaize), offrant un délicieux contrepoint.

8. Xenia Zaragevna Onatopp GoldeneyeGoldeneye (1995)

Avant de camper les mutantes philanthropes, la sublime Famke Janssen entrait dans la peau d'une veuve noire un brin collante. Extravagante, psychopathe, séduisante et adepte du sexe brutal, Xenia est l'archétype extrême de la femme fatale qu’il ne vaut mieux pas essayer de dompter. La masculinité de Pierce Brosnan en sait quelque chose.

9. Elliot Carver

DEMAIN NE MEURT JAMAIS (1997)

Bonne idée que de proposer un magnat des médias à la déontologie douteuse pour menacer la tranquillité du monde. Une version maléfique (disons plutôt fantasque) du mogul Rupert Murdoch qui doit énormément au jeu cabotin de l'excellent Jonathan Pryce. Par contre, pour son homme de main Stamper, les auteurs ont cruellement manqué d'inspiration.

10. MrWint et Mr Kidd

LES DIAMANTS SONT ÉTERNELS (1971)

Des tueurs à gages aussi grotesques du point de vue de leur apparence que dangereux dans la pratique de leur sale besogne. Coutumiers des bonnes formules et des meurtres de sang froid, ces deux là font la paire... et plus si affinités. D'ailleurs, Bruce Glover et Putter Smith ont avoué les avoir imaginés comme un couple d'amants au moment de les incarner.

COPIE CONFORME ? : LES OPUS DISSIDENTS

CASINO ROYALE

UN INCIDENT INDUSTRIEL NOTABLE QUI, SANS UN DESTIN CAPRICIEUX, AURAIT PU S’ILLUSTRER PLUS BRILLAMMENT.

Au moment où Harry Saltzman et Albert Broccoli décident d'acheter les droits de l'œuvre de lan Fleming, les deux hommes

jouent de malchance : la première mission de James Bond est déjà la propriété de Gregory Ratoff. Un acteur/réalisateur désireux de capitaliser sur le premier roman disponible, "Espion faites vos jeux" (la traduction française de "Casino RoyaleCasino Royale"), dont il avait acquis les droits pour moitié avec le puissant agent d'Hollywood Charles K. Feldman. De leur union était né en 1954 le téléfilm avec Barry Nelson dans le costume de l'agent américain Jimmy Bond. À la mort de Ratoff en 1960, Feldman récupère la totalité des droits dans l'espoir de faire de Casino RoyaleCasino Royale un opus rattaché à la saga officielle, prometteuse sur le plan financier. Hélas Feldman se montre trop gourmand et son offre est rejetée. Gagné par l'amertume, le producteur abandonne l'idée d'une fidèle adaptation pour une parodie destinée secrètement à parasiter l'image des films au prestige expansif. Le résultat - sur lequel plusieurs réalisateurs se succèdent - est le fruit indigeste d'une production chaotique plombée par une promotion désastreuse.

JAMAIS PLUS JAMAIS

L’ANNÉE 1983 OU CELLE DE LA GUERRE DES BOND : ROGER MOORE CONTRE UN SEAN CONNERY SUR LE RETOUR.
Pour élaborer son neuvième roman "Opération Tonnerre", lan Fleming s'inspire d'un projet avorté d'une transposition de James Bond, développée avant l'implication du duo Saltzman/Broccoli. L'écrivain commet l'erreur de s'octroyer des éléments imaginés par ses collaborateurs Jack Whittingham et le mécontent Kevin McClory, qui porte l'affaire devant les tribunaux.

Malgré sa défaite après la publication du livre, le romancier vend les droits d'adaptation à EON Productions qui ne peut utiliser certains personnages sans l'accord du plaignant. Fleming disparu en 1964, un arrangement est enfin trouvé et OPÉRATION TONNERRE se concrétise. Tout va pour le mieux... jusqu'à l'échéance de l'accord avec McClory, qui au bout de dix ans, est libre de vendre l'idée d'un remake. Taliafilms et Warner Bros sautent sur l'occasion, produisent ce JAMAIS PLUS JAMAIS et cherchent le conflit ouvert avec son concurrent légitime OctopussyOctopussy, sorti la même année (1983). Commercialement, ce dernier rafle la mise. Pourtant, l'opus dissident renoue avec les JAMES BOND originaux et bénéficie de la mise en scène solide d'Irvin Kershner (L'EMPIRE CONTRE ATTAQUE) et de la participation du vétéran Sean Connery assumant son âge. Au contraire de Roger Moore.

L'ESPION QUI (N') AIMAIT (PAS) LES FEMMES

LONGTEMPS CONDAMNÉ PAR LES ASSOCIATIONS FÉMINISTES, LE STATUT DE LA BOND GIRL A ACQUIS UNE CONNOTATION PÉJORATIVE. LE SUJET S’AVÈRE POURTANT PLUS CONTRASTÉ.

omme Rome, la femme telle que présentée dans les JAMES BOND ne s'est pas construite en un jour. Il aura fallu quarante cinq ans pour que l'image de la playmate en bikini de JAMES BOND CONTRE DR.

NO n'arrive à l'affirmation féministe de Vesper Lynd (Eva Green) de Casino RoyaleCasino Royale.

Entre les deux, chaque épisode a véhiculé de nombreux stéréotypes sur le sexe "faible".

Autant de symboles de la société phallocrate des années 50/60 malmenés ensuite par la libération sexuelle et ses mentalités progressistes qui grandiront au cours des décennies suivantes. De la caricature de la femme rêvée, la "Bond Girl" s'est muée en plusieurs prototypes plus complexes sans pour autant renier l'image d'Epinal née en 1962 avec la mythique sortie de l'eau d'Ursula Andress.

ET FLEMING CRÉA LA BOND GIRL

MEURS UN AUTRE JOUR rend un hommage avoué à la sirène au coquillage via l'apparition de Jinx Johnson émergeant de l'océan. Quantum of SolaceQuantum of Solace faisait également un gros clin d'œil à la scène culte du cadavre de Jill Masterson recouverte d'or dans GoldfingerGoldfinger. Dur de se défiler de l'héritage codifié de la franchise. Elle-même prêchant la parole des ouvrages matriciels de lan Fleming qui partageaient une idée somme toute personnelle mais très précise de ce que fut l'idéal féminin selon 007. Et par extension celui de l'écrivain. L'exemple le plus éloquent reste sans nul doute cet extrait de "GoldfingerGoldfinger "La femme idéale doit savoir faire la sauce béarnaise aussi bien que l'amour.

Il faut aussi qu'elle soit douée de tous les petits talents de société habituels. Des cheveux d'or. Des yeux gris. Une bouche à damner un saint. Un corps parfait. Et naturellement un grand sens de l'humour, de l'élégance, et une dextérité convenable aux cartes...". Un portrait qui convient à Sylvia (campé par Eunice Gayson), la première conquête cinématographique de James Bond. Premier objet de désir consommé puis jeté, qui précédera quantité d'autres conquêtes passives.

SOIS FORTE... MAIS TAIS-TOI !

De l'être soumis sentimentalement (Tatiana Romanova - BONS BAISERS DE RUSSIE) ou culturellement (Kissy Suzuki - ON NE VIT QUE DEUX FOIS), à l'ingénue sans cervelle (Mary Goodnight - L'HOMME AU PISOLET D'OR). De la bimbo peu farouche (Abondance Delaqueue - LES DIAMANTS SONT ÉTERNELS), à la vierge en détresse (Solitaire - VIVRE ET LAISSER MOURIR). Ou encore la femme fatale (Fiona Volpe -OPÉRATION TONNERRE) qui finit toujours par payer cher le prix de sa rébellion. Dès la période Sean Connery, certaines n'hésitent pas à montrer les griffes sans forcément connaître l'ultime punition. Au pire, un "recadrage" affectif comme celui subi par la batailleuse Pussy Galore (GoldfingerGoldfinger). Une antagoniste (homosexuelle dans le roman) affublée elle aussi d'un patronyme pour le moins sexuellement suggestif. Une tradition certes sexiste mais un second degré inoffensif envers un protagoniste qui annonce l'arrivée de femmes en quête d'émancipation. Citons l'indépendante Tiffany Case (LES DIAMANTS SONT ÉTERNELS) au tournant des années 70, la scientifique Holly Goodhead (MoonrakerMoonraker), l'athlétique May Day (DANGEREUSEMENT VÔTRE) et la garçonne Pam Bouvier (PERMIS DE TUER). Des modèles pour les Bond Girls de la génération 90 qui n'entendent plus jouer les belles plantes.

Elles passent à l'action et renvoient à la figure de notre héros son machisme (jusqu'ici bon enfant chez Sean Connery, plus agressif chez Roger Moore), totalement révolu.

LA GUERRE DES SEXES

Sous les traits de Samantha Bond, la secrétaire Moneypenny devient plus
piquante que l'éternelle éconduite Lois Maxwell. Un signe des temps modernes qui s'accompagne d'une (r)évolution décisive : le changement de sexe du supérieur hiérarchique M. Rôle exclusivement masculin qui incombe désormais à l'actrice Judi Dench, campant gaiment les chiennes de garde castratrices dès GoldeneyeGoldeneye pour ensuite se muer en matriarche autoritaire recadrant les incartades de Daniel Craig. La femme prend le pouvoir et avant de se lancer dans un reboot, les producteurs envisagent de passer par la case du spin-off consacré à Jinx

(Halle Berry). Un projet sans concrétisation qui ne voit pas la souveraineté de James Bond attaquée. Il n'en sera pas de même de sa virilité et de ses attributs malmenés dans la scène de torture (couillue) de Casino RoyaleCasino Royale. Blessé dans son amour propre de mâle, Bond peut s'estimer heureux, ces dames ont d'ordinaire moins de chance si elles réussissent à percer son petit cœur de macho. Il faut dire que cela peut s'avérer définitif pour elles : Diana Rigg - son épouse de courte durée dans AU SERVICE SECRET DE SA MAJESTÉ - peut le confirmer. Pareil pour la manipulatrice Elektra King (Sophie Marceau - LE MONDE NE SUFFIT PAS) que Pierce Brosnan sera obligé de liquider par devoir. Plus prévenant, Timothy Dalton évitera de mettre dans son lit celles qui auront brisé sa carapace protectrice afin de ne pas tenter le diable.

Quant au dernier 007 cumulant les défuntes partenaires, Daniel Craig, il bouleverse les spectatrices dans le plus simple appareil de plage. À chacun son tour.

RIEN QUE POUR VOS YEUX : LES DÉCORS

LES DÉCORS DES JAMES BOND FONT PARTIE INTÉGRANTE DE LEUR RENOMMÉE. ET DÉCOULENT D’UN UNIVERS FAÇONNÉ MAJORITAIREMENT PAR DEUX HOMMES.

Ken Adam : Le visionnaire

Sur les 23 opus officiels, Ken Adam a collaboré à sept d'entre eux. Quelques uns parmi les plus importants, où 1 s'impose son style avant-gardiste -I baptisé "réalisme théâtral" par l'intéressé-, aujourd'hui encore indissociable de la saga. Un mélange de Llignes fluides et dépouillées, l'association d'un espace moderne avec un décorum ancien, des plateformes escamotables, une opulence et un gigantisme prégnant. Qu'il s'agisse d'hôtels-casinos luxueux ou de repaires de vilains traduisant leur mégalomanie affichée. À commencer par la cachette souterraine du Dr. NoDr. No et son réacteur nucléaire dépassant les espérances bridées par un budget minime d'environ 1000 dollars. Par la suite, les enveloppes et les terrains alloués à Adam connaîtront l'inflation d'une ambition faite de démesure : le Fort Knox totalement fantaisiste de GoldfingerGoldfinger dont l'architecture suscite toutefois l'admiration de la directrice des lieux.

La base spatiale de M00NRAKER (sa dernière contribution) ou encore la spectaculaire base de lancement nichée dans le volcan d'ON NE VIT QUE DEUX FOIS. Un chantier énorme (135 mètres de long sur 360° de panorama) qui impose de nouveau une lourde responsabilité à Adam : "Je savais que si le décor ne fonctionnait pas, ma carrière était finie. Cubby Broccoli m'a demandé combien cela coûterait. J'ai répondu 1 million, une somme énorme à l'époque. C'est au moment où il m'a dit que je pouvais me lancer que j'ai commencé à m'inquiéter". Dans le genre folie des grandeurs, on n'oubliera pas non plus la planque sous-marine amphibie et le hangar à sous-marin de L'ESPION QUI M'AIMAIT. Ce dernier - titanesque - nécessitera à lui seul la construction en 1974 d'une nouvelle annexe aux studios de Pinewood. Le plateau de cinéma le plus grand du monde baptisé logiquement du matricule 007.

Peter Lamont : L'héritier

Débutant en 1946 comme simple peintre dans l'enceinte de Pinewood, Peter Lamont gravit progressivement les échelons pour devenir dessinateur avec son frère Michael. Son entrée dans le cirque bondien, le jeune homme l'exécute à partir de GoldfingerGoldfinger après un coup de
fil du directeur artistique Peter Murton (DOCTEUR FOLAMOUR). Il y est embauché pour illustrer les concepts de Ken Adam qui ne prend pas la peine de ménager son assistant : "J'arrive le premier matin, je prépare ma planche à dessin, il arrive et me dit 'Je ne vous connais pas mais je voudrais que vous fassiez ça'. Et il me donne à faire Fort Knox I Tout l'extérieur''. La première étape d'une longue collaboration avec la franchise, que Lamont ne quittera plus désormais (exception faite de DEMAIN NE MEURT JAMAIS qu'il délaisse pour le TITANIC de James Cameron). Toujours sous la coupe de son mentor dont il finit par prendre la succession sur le tournage de RIEN QUE POUR VOS YEUX. Respectueux de l'héritage qu'il a contribué à fabriquer, Lamont impose tout de même sa manière de faire. Délaissant l'aspect ancien (mais indémodable) des premiers Bond, ses créations vont participer activement au renouvellement "réaliste" des épisodes avec Roger Moore (on retiendra le Q.G. militaire soviétique d'OctopussyOctopussy), Timothy Dalton (le laboratoire de drogue de PERMIS DE TUER), puis Pierce Brosnan (l'antenne satellite de GoldeneyeGoldeneye). Logique alors que les producteurs fassent appel à lui pour la remise à zéro des compteurs Casino RoyaleCasino Royale, avant un départ en retraite bien mérité. Une dernière mission au service de la franchise comptant un établissement de jeux éclatant et un immeuble vénitien destructible.

L'HOMME À LA PARTITION D'OR

CERTAINES SAGAS SONT INDISSOCIABLES DE LEUR THÈME MUSICAL TOUT COMME STAR WARS N’AURAIT RIEN ÉTÉ SANS JOHN WILLIAMS, JAMES BOND DOIT TOUT À UN HOMME: JOHN BARRY.

Dès le générique d'introduction de sa toute première aventure cinématographique, Dr. NoDr. No, James Bond se payait le luxe d'entrer dans ('Histoire avec l'un des thèmes les plus accrocheurs du 7e Art, devenu depuis l'un des plus légendaires. Un coup de génie qui a fait la gloire internationale de John Barry. Alors... qu'il ne l'a pas composé. Créé par Monty Norman

-    qui touche depuis 50 ans de juteuses royalties -, le "James Bond Theme" n'a été qu'arrangé par Barry, à la demande des producteurs, mécontents du travail de Norman. Si la paternité de ce morceau d'anthologie a été plusieurs fois débattue devant les tribunaux, jamais Barry n'a pu revendiquer son statut d'auteur. N'en demeure pas moins que ses arrangements portent sa patte. Celle d'une musique aussi jazzy que mélodique, portée par des saillies de cordes virevoltantes et de cuivres fanfarons. Un style qui a fait du musicien le compositeur officiel de la saga BOND (chansons incluses) jusqu'en 1987 et TUER N'EST PAS JOUER. Avec, parmi ses faits d'armes les plus marquants, des relectures radicales du "James Bond Theme" pour les Gun Barrels de ON NE VIT QUE DEUX FOIS ou AU SERVICE SECRET DE SA MAJESTÉ. Ce dernier affichant même l'un des meilleurs scores de Barry, usant d'un instrument exotique pour l'époque : le synthétiseur. S'il a composé nombre d'autres bandes-originales mémorables pour MACADAM COWBOY, LE JEU DE LA MORT ou DANSE AVEC LES LOUPS, Barry demeurera Mr Bond aux yeux des mélomanes. Lorsque David Arnold lui rendra hommage avec sa superbe compilation "Shaken And Stirred" (1997), composée de reprises - par Iggy Pop ou Aimee Mann - de chansons bondiennes, Barry, en plein exercice de passage de relais, adoubera Arnold comme nouveau compositeur attitré de la saga. Prenant la suite de Michael Kamen (PERMIS DE TUER) et Eric Serra (GoldeneyeGoldeneye), Arnold assurera les scores de la franchise de DEMAIN NE MEURT JAMAIS à Quantum of SolaceQuantum of Solace. Une certaine continuité, perpétuant l'héritage de John Barry, décédé en 2011 à l'âge de 77 ans, après dix ans d'inactivité.

TOP 5: LES MEILLEURES CHANSONS

1. "GoldfingerGoldfinger", Shirley Bassey -GoldfingerGoldfinger (1964) Selon la légende, Shirley a fini l'enregistrement dans les vapes et Jimmy Page tâte ici de la guitare. Avec George Martin à la prod', voilà la meilleure Bond song.


2. "Live & Let Die", Paul McCartney & Wings-VIVRE ET LAISSER MOURIR (1973) James Bond + un ex-Beatle = hymne de stade imparable aux ruptures mélodiques et rythmiques folles, qui aurait mérité mieux que d'illustrer un Roger Moore.

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/>3. "We Have All The Time In The World", Louis Armstrong - AU SERVICE SECRET DE SA MAJESTÉ (1969) Une chanson douce et sublime à en pleurer dans son vodka martini. Adéquat : ici. 007, amoureux de Diana Rigg, devient veuf.

4. "Nobody Does It Better", Carly Simon - L'ESPION QUI M'AIMAIT (1967) [sic] Le Bond de Roger Moore était un queutard libidineux. Mais personne ne le fait mieux que lui, comme le clame cette balade de pop enchanteresse.


5. "Another Way To Die", Jack White Si Alicia Keys -Quantum of SolaceQuantum of Solace (2008) De QUANTUM, on n'a retenu que ce morceau dément, son riff insensé lancé à toute blinde et sa batterie épileptique.

 

L'EFFET PAPILLON : INFLUENCE & CONCURRENCE

SOUVENT IMITÉ, CITÉ, PARODIÉ, JAMES BOND RESTE LA FIGURE N01 DE L’ESPION DE LA CULTURE POPULAIRE. UNE PLACE PRIVILÉGIÉE QUE D’AUTRES ONT TENTÉ DE S’ACCAPARER... EN VAIN.

D'un point de vue exclusivement capitaliste, James Bond est avant tout une juteuse affaire. À ses débuts, la saga s'assure que chaque opus surclasse le précédent, permettant à ses initiateurs d'accroître les budgets en même temps que leurs profits. L'argent des uns appelant la convoitise des producteurs les moins scrupuleux, chacun y va de sa petite copie dans l'espoir de retirer une importante part du gâteau. Dès 1965, naît en Italie Dick Malloy alias l'agent 077 (OPÉRATION LOTUS BLEU). Les États-Unis ont leurs espions de charme Matt Helm sous les traits de Dean Martin (MATT HELM, AGENT TRÈS SPÉCIAL) et Derek Flint incarné par James Coburn (F COMME FLINT). Des concurrents qui engendrent eux aussi plusieurs suites lucratives. Mais aucun ne réussit à égaler, ni à entraver la domination de la franchise reine. S'ils en reprennent les codes, ces ersatz semi parodiques ne jouent pas dans la même catégorie. Les moyens financiers et le souci du détail se situant plusieurs crans en dessous.

L'inspiration et le talent aussi. Côté France, on se démarque légèrement via notre agent OSS 117, né sous la plume de Jean Bruce qui précède de quatre ans celle de lan Fleming. Un refus de priorité qui se répercute sur la toile avec OSS 117 N'EST PAS MORT et LE BAL DES ESPIONS dont la réception auprès du public suscitera moins d'engouement que JAMES BOND CONTRE Dr. NoDr. No.

Premier au départ, OSS 117 sera vite considéré comme un duplicata franchouillard. Une méprise accentuée par les adaptations suivantes (les plus populaires signées André Hunebelle) qui s'inspireront de la facture des 007.

LE BOND NE SUFFIT PAS?

L'influence des JAMES BOND se répand et les citations ne s'arrêtent pas au seul genre de l'espionnage : kung-fu (OPÉRATION DRAGON), action (TRUE LIES, LARGO WINCH), fantastique (INCEPTION),
animation (CARS 2), superhéros (LES INDESTRUCTIBLES)... évoquent ou s'approprient son univers. Forcément la comédie y va de ses citations (le générique de la VÉRITÉ SI JE MENS 2). ne se privant pas de l'assaisonner à toutes les farces. Des plus platement moqueuses (le Casino RoyaleCasino Royale de 1967, DOUBLE ZÉRO, JOHNNY ENGLISH) aux I plus honorifiquement pointilleuses (BONS BAISERS DE PÉKIN, AUSTIN POWERS, les OSS 117 avec Jean Dujardin). Sans compter le petit écran (MAX LA MENACE, DES AGENTS TRÈS SPÉCIAUX) et les versions juvéniles (le très mauvais dessin animé JAMES BOND JUNIOR, ESPION JUNIOR, SPY KIDS, AGENT CODY BANKS, ALEX RIDER), ne - faisant que renforcer le mythe plutôt que l'affaiblir. Pareil lorsque certains jeunes impudents (XXX) veulent s'octroyer le trône avant d'avoir fait leurs preuves. À l'opposé, la trilogie Jason Bourne s'est révélée comme l'une des rares franchises capables de rivaliser en terme de notoriété.

Son influence sur le cinéma d'action du début du XXI0 siècle pousse son adversaire dominant à marchander son identité (QUANTUM

OF SOLACE) afin de se rassurer sur son monopole. Une erreur d'autant plus regrettable que Bourne se positionne en tant qu’alternative et non en fils spirituel : "Bond est un misogyne, une vieille relique de l'impérialisme et Jason Bourne est un outsider en cavale qui se bat contre", avance Paul Greengrass (LA VENGEANCE DANS LA PEAU). Comme quoi rejeter en bloc James Bond ne garantit pas de s'en affranchir. En attendant de pouvoir le faire un jour, mieux vaut cultiver la filiation avec malice (Sean Connery incarnant un agent anglais étrangement familier dans ROCK), ou se délecter de la prendre à contre courant (Pierce Brosnan dans LE TAILLEUR DE PANAMA).

TOP 5: QUEL ACTEUR POUR JAMES BOND ?

LA RETRAITE DE DANIEL CRAIG N’EST PAS POUR TOUT DE SUITE MAIS RIEN N’EMPÊCHE DE FANTASMER SUR SON HYPOTHÉTIQUE SUCCESSEUR.

1. Michael Fassbender

Classe, ténébreux, athlétique, en pleine hype... bref le candidat idéal pour prendre la relève. Surtout après l'avoir vu à l'œuvre dans X-MEN -LE COMMENCEMENT, nettement influencé par l'esprit pop des JAMES BOND des 60's.

2. Idris Elba

Il a prouvé qu'il pouvait prêter son imposante carrure à des rôles torturés ou séducteurs et arborer une décontraction naturelle. C'est dire si cet acteur surdoué ferait de l'effet dans une réinvention de Bond en citoyen de la middle class.

3. Jamie Bell

Dans le cas prématuré où la production envisagerait un nouveau reboot attaché à la jeunesse de l'espion, on ne voit pas qui d'autre que l'ancien BILLY ELLIOT pourrait s'occuper d'une telle mission. Franchement, vous voyez mieux ?

4. Michael Caine

À l'opposé, imaginons un opus présentant un Bond vieillissant obligé de rempiler sur une vieille affaire (personnelle) menaçant l'Angleterre. Forcément on pense à l'ex-Harry Palmer pour explorer de manière émouvante les failles de 007.

5. Jason Statham

Considérant le virage bourrin qu'a pris la série depuis Casino RoyaleCasino Royale, l’idée n'est pas si farfelue. Ce serait de plus une belle victoire pour tous les dégarnis de la planète que de voir Statham érigé en dignitaire de la séduction.

TOP 5: QUEL RÉALISATEUR POUR JAMES BOND?

PARMI CEUX QU’ON VERRAIT BIEN PRENDRE LA DIRECTION D’UN JAMES BOND, PLUSIEURS ONT DÉJÀ TENTÉ LEUR CHANCE SANS AVOIR PU EXAUCER LEUR RÊVE D'ENFANCE.

1. Steven Spielberg

Si celui qui a bouleversé Hollywood avec LES DENTS DE LA MER s'est vu refuser l'opportunité au début des années 80, c'est parce qu'Albert Broccoli craignait qu'en tant qu'Américain, il demande un juteux pourcentage sur les recettes !

2. Christopher Nolan

On en rêve depuis INCEPTION et EON Productions semble partant... mais le recrutement de Nolan ne sera effectif que si toutes les conditions du réalisateur (dont un nouvel acteur) sont acceptées. L'attente risque donc d'être longue.

3. Brad Bird

De nombreux fans déplorent l'abandon des gadgets high-tech depuis Casino RoyaleCasino Royale. Avec MISSION IMPOSSIBLE 4 sur son CV, Brad Bird a prouvé qu'il était capable de réintroduire cet aspect technologique en nous coupant le souffle.

4. John McTiernan

Il a révolutionné le cinéma d'action contemporain, a réinventé la figure du héros américain, a fait tourner Sean Connery et Pierce Brosnan et a rencontré Broccoli. Alors quoi ? Avant même de tailler une bavette, ce dernier avait mis son veto.

5. Danny Boyle

Un temps envisagé pour diriger le 23e BOND, le réal s'est contenté de diriger Daniel Craig escortant en personne sa majesté Elisabeth II dans un spot pour la cérémonie d'ouverture des J.O de Londres. La classe british à son zénith.

ÇA COMMENCE BIEN : LES GÉNÉRIQUES

PASSAGE OBLIGÉ, LES GÉNÉRIQUES DE LA SÉRIE ONT FORTEMENT CONTRIBUÉ À LA RÉPUTATION CHARMEUSE DES JAMES BOND. ET PERFECTIONNÉ UN EXERCICE DE STYLE DANS LEQUEL LA SAGA EST DEPUIS LONGTEMPS PASSEE MAÎTRESSE.

LE "GUN BARREL"

La toute première image de JAMES BOND CONTRE Dr. NoDr. No ne serait qu'un coup de génie improvisé selon la confession de son concepteur, Maurice Binder, peu avant sa disparition en 1991 : "Le concept a été créé dans l'urgence alors que je devais bientôt rencontrer les producteurs. Le hasard a voulu que j'aie sur moi des stickers blancs bon marché que j'ai imaginé représenter le canon d'une arme traversant l'écran. Puis m'est venue l'idée de James Bond marchant et faisant feu, et enfin le sang qui coule sur l'image. À la fin de ma présentation, la réaction de l'assistance s'est résumée à 'Ça à l'air super !'“. Brillant en fait. Tellement que le Gun Barrel devient la séquence d'intro sans laquelle nul JAMES BOND ne pourra dorénavant commencer (ou se finir dans le cas de Quantum of SolaceQuantum of Solace). L'apparente simplicité graphique du dispositif et son impact visuel (c'est le cas de le dire) demeurant intacts de nos jours et inchangés dans sa conception. Si on excepte bien sûr les acteurs successifs abordant chacun une pose différente. Et des évolutions technologiques (la gestion par ordinateur à partir de GoldeneyeGoldeneye) aidant à fluidifier une séquence à laquelle il n'y a rien à rajouter.

22 FOIS LE TOUR DU BOND

A l'instar du Gun Barrel, Maurice Binder est également embauché sur Dr. NoDr. No pour élaborer le générique qui s'ensuit : une chorégraphie de pastilles de couleurs clignotant au rythme du thème musical de John Barry. Une forme épurée qui n'en constitue pas moins la brillante illustration d'une intrigue binaire peuplée de silhouettes jouant un double jeu. Un bon résumé graphique du monde de l'espionnage en somme. Pour BONS BAISERS DE RUSSIE et GoldfingerGoldfinger, Robert Brownjohn en amplifie l'érotisme soft avec des projections d'images et de lettres sur des corps féminins lascifs. Reprenant le flambeau, Binder paraphrase la chasse amoureuse sous-marine d'OPÉRATION TONNERRE qui assoit définitivement le style abstrait et sexy qui perdure depuis. Avec AU SERVICE SECRET DE SA MAJESTÉ, se pose pour la première fois le problème de l'absence du 007 original (George Lazenby succédant à Sean Connery). Un problème que son générique se charge de symboliser : une horloge remonte le court du temps tandis que des images des opus précédents s'écoulent dans un sablier signifiant la parenté. Cas de figure similaire trente sept ans plus tard avec le recrutement polémique de Daniel Craig (que celui qui n'a pas douté de ce choix jette la première pierre), apparaissant à la fin tandis que la chanson de Chris Cornell scande "You Know My Name". Le but évident est de nous faire accepter la jeunesse retrouvée d'un héros devenu une icône éternelle. Immortel mais disparu des écrans de 1988 à 1995 (pour cause de bataille juridique), James Bond réapparaît sous les traits de Pierce Brosnan dans un monde aux idéologies bousculées. Finis la guerre froide et le bloc communiste, qui s'effondre comme pleuvent les symboles du régime dans le superbe générique de GoldeneyeGoldeneye. Le travail du graphiste Daniel Kleinman perpétuant l'empreinte de Maurice Binder dans un univers aux certitudes géopolitiques plus floues que par le passé (l'image altérée par les médias dans DEMAIN NE MEURT JAMAIS). Malgré une malheureuse échappée vers le formatage MTV (MEURS UN AUTRE JOUR) - que les JAMES BOND auront d'une certaine façon influencé - Kleinman retrouvera le chemin de la raison une fois la saga remise à neuf dès Casino RoyaleCasino Royale. Espérons qu'avec SkyfallSkyfall, nous aurons droit à un autre petit bijou.

LE PLAN B : AU SERVICE SECRET DE 007

L’ILLUSTRATEUR FRANÇAIS ALAIN BOSSUYT A DEUX PASSIONS : LE GRAPHISME ET LE CINÉMA, QU’IL MET À PROFIT DANS UNE SUPERBE SÉRIE CONSACRÉE À BOND.

En octobre 2011, Alain Bossuyt, graphiste depuis plus de 15 ans et créateur de son studio indépendant, Le Plan B, se lance dans un projet de cœur : réimaginer l'univers de James Bond en posters de son cru. "Je voyais de plus en plus de fan-arts de graphistes sur le Net et j'ai réalisé que curieusement, peu s'intéressaient à 007, dont je suis très friand depuis l'enfance1', nous explique-t-il. Un créneau qu’il va s'empresser de truster, en tirant partie de la formidable identité visuelle de la franchise : "Dés le début, les films BOND ont accordé énormément de soin à la direction artistique et m'offraient plusieurs opportunités d'un point de vue graphique." C'est ainsi qu'il crée des affiches pour Dr. NoDr. No et BONS BAISERS DE RUSSIE, et devant

l'enthousiasme suscité par ces créations, continue sur sa lancée pour une série comptant aujourd'hui dix affiches pour neuf films, Dr. NoDr. No ayant été décliné en deux couleurs. À chaque fois, le même souci :

"Capter l’attention, faire appel à la mémoire des fans et inciter ceux connaissant peu ou pas les films à s'y replonger."

Le tout par le prisme d'un simili-minimalisme qui refuse la paresse dans laquelle le genre sombre souvent, Alain Bossuyt bâtissant "chaque affiche à partir d'une réflexion sur les éléments représentant le mieux" le film traité. Il mêle ainsi ses souvenirs personnels de chaque volet de la saga, avec des angles récurrents, comme les ennemis de Bond ou les dangers qu'il surmonte dans chaque aventure. Résultat ? Bossuyt transcende le fan-art en livrant des créations vintage rendant hommage à Saul Bass, et à la "démarche évocatrice" du créateur des génériques de BOND, Maurice

Binder. "Ce sont deux de mes idoles, dit-il. L'art de la stylisation de Bass allait à l'essentiel et l'élégance de son style m'a toujours semblé être une évidence pour illustrer l'univers de James Bond." Alain Bossuyt imagine ainsi un univers parallèle dans lequel Bass aurait eu l'opportunité de croquer 007. "Je ne joue évidemment pas dans la même cour, mais d'une certaine façon, je réalise une sorte de fantasme de passionné !" On en entend certains pester sur le caractère old school des posters, mais Alain Bossuyt, loin de balayer les épisodes modernes ou Daniel Craig, reconnaît que le style de sa série se prête davantage aux volets interprétés par Connery, Lazenby et Moore. Ce qui ne signifie pas pour autant qu'il en restera là : "Il me reste encore des BOND à illustrer... et cette année 2012 du cinquantenaire de la saga n'est pas encore terminée !" Dont acte.

[source: Cinema Teaser September 2012, p.52-71]

 
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